IdO : Une Smart tv est-elle sans danger pour la vie privée, les enfants ou le home office ?

Le niveau de sécurité d’un système est celui de son maillon le plus faible et la smart TV représente aujourd’hui l’un de ces maillons. Pis encore, sa présence au sein de ménages crée une évidence qui pourtant échappe encore au grand public qui a tendance à se négliger perdant de vue un aspect crucial : la vie privée. De l’entreprise à la maison, les risques inhérents à une mauvaise adoption et intégration des smart TV alerte sur une question contemporaine, signe d’enjeux sécuritaires qui évoluent avec le temps : comment nous mettent-elles en danger et comment y remédier ?

Comprendre le phénomène : qu’est-ce qui la rend vulnérable, comment et avec quels effets ?

Au fur et à mesure que la technologie évolue, force est de constater que les appareils gagnent en polyvalence. Dans bien des cas, l’approche conceptuelle des ordinateurs s’installe un peu partout y compris dans les télévisions qui dès lors, deviennent intelligentes.

En effet, il ne serait pas maladroit de considérer les smart TV comme des ordinateurs spécialisés dans du divertissement multimédia, offrant une expérience particulière liée au caractère immersif (taille) et à la qualité de l’image (résolution), sans oublier le son qui n’est pas souvent en reste, du moins, tout dépend de l’offre. Autant dire qu’une smart TV est un ordinateur, tout comme un smartphone. Ahh oui, « smart ».

Ce qui fait l’intelligence de l’un ou de l’autre c’est d’une part le logiciel central qu’il embarque (système d’exploitation), et d’autre part, les applications qui le composent.

Les smart TV fonctionnent avec des systèmes d’exploitation persistants, c’est-à-dire que contrairement aux systèmes fonctionnant avec des systèmes d’exploitation « live » (live OS), ils peuvent conserver tous les fichiers utiles à leur usage d’une session à l’autre. Les principaux systèmes d’exploitation utilisés sur les smart TV sont :

  1. Android TV,
  2. Tizen (Samsung),
  3. webOS (LG)
  4. et Roku OS.

Pour vous offrir toujours plus en termes de contenus, ces appareils vont bien au-delà d’un décodeur satellite comme source d’images pour se connecter à internet. A cet égard, ils peuvent également être catégorisés parmi les objets connectés à internet (IdO), et qui sait ô combien les défis sécuritaires liés à ce secteur commencent à peine à dévoiler les dangers liés à une intégration mal maîtrisée dans nos styles de vies.

Au bas mot, les systèmes informatiques présentent des vulnérabilités qui peuvent être exploitées et compromettre la confidentialité des données concernant la vie privée des utilisateurs. Les applications installées sur ces systèmes aussi. Cependant, toutes les vulnérabilités ne sont pas exclusivement techniques du point de vue conception de la machine, elles peuvent également être inhérentes à de « malicieuses pratiques commerciales ». Lorsque ces dernières ne sont pas bien encadrées, elles nous exposent.

De l’ordre des vulnérabilités et risques techniques  

Défauts de jeunesse des plateformes de télévision

Qui penserait à s’en prendre à une télévision ? La faible probabilité supposée qu’une attaque se produise, n’a sûrement pas laissé les constructeurs indifférents. En se posant cette question, d’aucuns pourraient d’office sous-estimer la réponse au point de ne pas suffisamment investir dans la sécurité des systèmes d’exploitation embarqués et des protocoles de communication.

On l’imagine bien, plus des ingénieurs en nombre et en temps de travail sont mobilisés sur un produit, plus les coûts de développement augmentent. C’est ainsi qu’un certain nombre de faiblesses ont été relevées dans le fonctionnement des smart TV, notamment :

  • Une authentification faible quant aux interfaces de gestion des appareils qui représentent pourtant un point critique : des identifiants par défaut d’usine sont partagés entre divers appareils d’une même ligne de produits et laissés tel quel une fois en exploitation. Les points névralgiques sont notamment les ports de débogage à distance.
  • L’absence d’épinglage de certificats dans les boutiques d’applications des fabricants (certificate pinning) : bien que l’épinglage de certificats pourrait permettre de poser les bases d’une communication sûre entre une smart tv et le serveur d’un constructeur dépositaire d’un magasin d’applications, beaucoup de fabricants choisissent délibérément de ne pas l’implémenter pour des raisons logistiques et de maintenance (risque de perte d’accès au store en cas de renouvellement de certificat manqué sur les télévisions n’ayant pas reçu de mises à jour pendant longtemps, risque opérationnel élevé quant à la rotation des clés sur un parc de millions d’équipements hétérogènes, …).

Défauts inhérents aux protocoles de communication : le cas de HbbTV

HbbTV (Hybrid Broadcast Broadband TV) est une norme utilisée dans les systèmes de télévisions intelligentes intégrés à la diffusion. Adoptée par plusieurs constructeurs, des problèmes relevant de sa conception ont été mis en exergue dans plusieurs travaux de sécurité :

  • En 2014, des chercheurs ont découvert que le code d’une attaque malveillante pouvait être caché au sein d’émissions dites « voyous ». Capable de cibler des milliers de téléviseurs intelligents en un seul coup, elle avait pour effet de détourner ces derniers ainsi que d’autres dispositifs dans le réseau, volant les identifiants, affichant de fausses publicités, et même furetant pour dénicher des réseaux Wi-Fi non protégés.
  • En 2017, un chercheur en sécurité a fait une démonstration technique de déploiement d’un signal hertzien délinquant dans l’optique de compromettre les téléviseurs pouvant être connecté à Internet. Le téléviseur atteint pouvait ainsi être utilisé pour une liste apparemment interminable d’actions malveillantes, dont la possibilité d’espionner les propriétaires via le microphone et la caméra de l’appareil, s’infiltrer en profondeur dans le réseau local touchant d’autres appareils connectés, etc.
  • En février 2018, des tests menés par l’organisation américaine à but non lucratif Consumer Reports, ont permis de déterminer à quel point les plateformes de télévisions intelligentes connectées à internet pouvaient être faciles à pirater. En effet, sur cinq marques chacune disposant d’une plateforme de télévision intelligente différente, ces appareils se sont avérés être sensibles à des piratages peu sophistiqués, avec pour effet de donner la possibilité à un attaquant de basculer à travers les canaux, monter le volume à des niveaux de sonnerie, installer de nouvelles applications, et mettre l’appareil hors service Wi-Fi tout en travaillant à distance.

De l’ordre des vulnérabilités et risques se rapportant à de malicieuses pratiques commerciales et actions opportunistes

L’appât du gain lié à la « double vente » et groupes d’intérêts divers : collecte clandestine des données utilisateurs  

Vu sous un angle purement économique, entreprise = cash, beaucoup de cash… Pour arriver à ces fins, tout est mis en œuvre pour capitaliser au plus haut niveau la vente d’un produit ou des prochains. De la collecte de feedbacks à une vente pure et simple de données de persona, les méthodes employées se révèlent pourtant dangereuses pour le client qui au final, paie au moins double.

Ce que les utilisateurs se disent, même dans l’intimité la plus absolue semble beaucoup intéresser les entreprises. A n’en point douter, le consommateur ne sait pas que chaque mot sorti de sa bouche et celle de son entourage assurément remis en contexte, représente une matière première qui bien traitée, pourrait permettre de renflouer le marché de produits encore plus proches de son profil. Loin d’un cas isolé, l’entreprise Samsung a donc eu à sortir le grand jeu en ce sens. Mais la plupart du temps, on ne prête pas attention à tout ce « charabia » juridique en petits caractères et long à mourir. Serait-ce fait exprès ? Quoi qu’il en soit, cela n’est pas passé sous silence pour autant. Car depuis 2015, des inquiétudes concernant les risques liés à la fonction de reconnaissance vocale de ce constructeur ont été émis.

La fonction « reconnaissance vocale » permet de donner des commandes vocales à votre smart TV. Mais en l’activant, les utilisateurs peuvent être avertis que des conversations privées feraient partie des données saisies et pourraient être partagées avec des tiers. De plus, le transfert de ces données entre le téléviseur et le serveur du constructeur n’est pas toujours chiffré. En d’autres termes, elles pourraient être lisibles par tout intrus présent sur le réseau.

Au-delà de ce qui se dit, ce que l’on fait pourrait aussi servir aux « profilers » en entreprises. De nombreux modèles de smart TV utilisent une fonctionnalité appelée reconnaissance automatique de contenu (ou ACR). Cette technologie permet d’identifier ce que vous regardez en capturant des données d’écran en temps quasi réel et en les transmettant aux fabricants ou à des tiers.

Tout ce qui passe à l’écran est concerné. Des applications de streaming comme Nextflix aux contenus partagés depuis un ordinateur portable, une tablette ou autre en passant par la télévision en direct, cette technologie capture et transfert tout. Et même lorsqu’on aurait un sursaut de vigilance au point de chercher à désactiver ce genre de fonctionnalité, cela n’est pas souvent sans conséquence dans la mesure où l’usage de l’appareil dans son ensemble s’en trouverait bridé.

L’entreprise Vizio a particulièrement attiré l’attention en ce sens en février 2017 et fait les choux gras de la presse, lorsqu’elle s’est vue infliger une amende de 2,2 millions de dollars par la Federal Trade (USA). Dans ce cas spécifique, il a été possible de prouver que le constructeur suivait les programmes regardés par les propriétaires de ses téléviseurs identifiés par leurs adresses IP, puis revendait ces informations à des annonceurs.

Espionnage, surveillance et piratage

Bien que tapis dans l’ombre, d’autres acteurs ont vu dans les smart TV un nouveau moyen d’atteindre des cibles. Au regard de la légèreté dont elles font encore preuve sur le plan sécuritaire, on ne pourrait qu’imaginer ce qu’il serait possible d’en tirer lorsqu’on parle d’espionnage et de surveillance. Les enjeux évidents concernent aussi bien la géopolitique, l’espionnage industriel et commercial que la promotion ou la défense de certaines idéologies. Les branches renseignements et opérations clandestines de certains gouvernements sont particulièrement mises en exergue ici, sans pour autant perdre de vue les groupes cybercriminels et autres milices sous une forme ou une autre.

Quelques exemples d’attaques visant des téléviseurs connectés à travers le monde :

  • En 2013, des bots ont été détectés alors qu’ils dérobaient des identifiants de connexion sur des téléviseurs connectés et d’autres appareils. Pour les personnes utilisant les mêmes mots de passe pour toutes les plateformes qu’elles utilisent, le risque de compromission généralisé est immense.
  • Toujours en 2013, des chercheurs ont démontré qu’en exploitant les failles de sécurité de certains modèles de téléviseurs Samsung pouvant se connecter à Internet, il était possible d’allumer à distance la caméra et le microphone intégrés. Mais ce n’est pas tout car, en plus d’avoir converti les téléviseurs en appareils auditifs, ils ont pu prendre le contrôle d’applications de médias sociaux intégrées, afficher des informations au nom des utilisateurs et accéder aux fichiers.
  • En 2017, Trend Micro a identifié une variante de rançongiciel baptisée FLocker, ciblant les téléviseurs connectés fonctionnant sous Android. Ce logiciel était capable de collecter des données sensibles telles que la localisation, les numéros de téléphone et les photos qui une fois transmis à des pirates pourraient être utilisés pour commettre des délits au premier rang desquels l’usurpation d’identité.
  • En 2017 encore, des chercheurs de l’Université de Washington ont démontré comment un logiciel baptisé CovertBand pouvait exploiter le système audio d’un appareil connecté pour suivre les déplacements de personnes dans une pièce. Le procédé consistait à dissimuler dans la musique des signaux sonores brefs et quasi imperceptibles. Ces signaux rebondissent sur les corps humains et sont captés par les microphones de l’appareil. Agissant ainsi comme un sonar, le logiciel était capable de détecter plusieurs personnes dans un rayon d’environ six mètres autour de l’appareil, avec une précision de l’ordre de 18 centimètres.

Par ailleurs, d’autres cas et projets de compromission ont été signalés :

  • Imitation de télécommande multicanal 

Il s’agit d’une technique utilisée par les pirates pour simuler le comportement de l’utilisateur sur les téléviseurs connectés.

Elle se manifeste de la manière suivante : en interceptant les communications entre les télécommandes et les téléviseurs connectés, des pirates peuvent accéder aux identifiants Wi-Fi, aux préférences des utilisateurs, aux informations personnelles et même aux numéros de cartes bancaires associés aux applications utilisées sur le téléviseur. Il suffit que l’utilisateur se serve de sa télécommande comme d’un clavier pour accéder aux applications de son choix, ce qui permet à l’attaquant d’effectuer une capture d’écran ou d’intercepter les messages transmis.

Le Dr Siqi Ma de l’UNSW Canberra et une équipe de chercheurs internationaux ont mis en exergue ce qui rend possible une attaque de ce type. Leurs recherches montrent que la communication entre une télécommande et un téléviseur intelligent n’est pas fortement protégée. Ils ont pu le démontrer en mettant en évidence cette technique qu’ils ont baptisé Technique EVILSCREEN.

  • Détournements de signaux radio

Démontrée au printemps 2017, cette technique de piratage utilise des signaux radio pour exploiter des vulnérabilités connues des navigateurs web équipant les téléviseurs connectés.

Tout part des failles de sécurité repérées dans des navigateurs web qui une fois exploitées, permettront au pirate d’ouvrir une brèche supplémentaire en recherchant un signal radio frauduleux émis depuis un appareil peu coûteux en sa possession.

L’émetteur utilisé leur permet d’intégrer du code malveillant dans le signal frauduleux et de prendre le contrôle des téléviseurs situés dans la zone concernée. Une fois maîtres du téléviseur, ils sont en mesure de contrôler d’autres appareils et de surveiller les activités des utilisateurs.

  • Affichage de publicités indésirables redirigeant vers des pages malveillantes ou qui permettent d’intégrer la smart TV ciblée à des réseaux d’appareils infectés.
  • Création de faux modes « arrêt » et activation de fonctionnalités de façon sournoise.

WikiLeaks a révélé l’existence d’un projet mené par le Royaume-Uni et les États-Unis en avril 2017. Baptisé « Weeping Angel ».

Ce programme ciblait spécifiquement les téléviseurs connectés Samsung de la série F8000. Le but était d’enregistrer du son via leurs microphones intégrés. Pour ce faire, l’une des fonctionnalités clés consistait en un faux mode « arrêt » et une reconnexion Wi-Fi visant à faire croire aux utilisateurs que le téléviseur est éteint, alors même qu’il continue d’enregistrer.

La même source indiquait que des stratégies similaires étaient à l’étude en ce qui concerne la vidéo. Pour transmettre toutes ces données au groupe espion, ils planchaient également sur la possibilité d’utiliser la connexion Wi-Fi du téléviseur.

  • Reverse shell et Injection de commandes

Un utilisateur travaillant dans le domaine de la sécurité des systèmes d’information a pu observer que son téléviseur était sensible à certaines configurations. Du moins, il pouvait mal les interpréter.

Pour qui a déjà fleurté avec la littérature traitant de la sécurité et de la robustesse du code, peut déjà voir venir une probable faiblesse liée à l’échappement ou à l’assainissement de certains caractères susceptibles de faciliter une injection de commandes. Car, voici qu’il s’est rendu compte qu’au cours de la configuration du nom de sa smart TV, le fait de l’appeler « television ‘sleep 2’ », « television ‘sleep 3’ » ou « television ‘sleep 0’ » entrainait une mise en veille immédiate ou relativement proportionnelle au chiffre indiqué.

Sur le plan de l’architecture matérielle et logicielle, n’oublions pas qu’une Smart TV n’est rien d’autre qu’un ordinateur embarqué fonctionnant sous un système d’exploitation Linux ou dérivé d’Android. Et si la remarque de cet utilisateur a pu se limiter à un accès direct à l’appareil, d’autres chercheurs sont allés bien plus loin.

Dans une étude publiée dans la revue académique Applied Sciences, les chercheurs Michał Majchrowicz et Piotr Duch ont analysé le modèle de sécurité de Tizen OS (Samsung). Leurs travaux montrent comment l’exploitation des failles telles que la CVE-2014-1303 ou la CVE-2015-1805, permet d’injecter du shellcode en mémoire pour désactiver les protections du noyau et obtenir un accès root interactif.

Le shellcode permet une prise de commande distante du système ciblé. Avec des privilèges de root (super-utilisateur), l’attaquant se voit offert une plage interminable d’actions malveillantes possibles. Il ne serait pas abusif de dire dans un tel cas de figure que votre appareil ne vous appartient plus.

  • L’usage de méthodes d’espionnage basées sur un réseau de neurones et algorithmes adaptés

Développées conjointement par des chercheurs de l’université de Tel-Aviv et de l’université Cornell, elles consistent à analyser les schémas des flux de données issus de vidéos chiffrées comme celles de Netflix, Amazon et YouTube afin de déterminer ce que vous regardez. Il n’est même pas nécessaire de pirater le téléviseur connecté lui-même : il suffit au pirate d’avoir accès à votre réseau Wi-Fi.

L’ingénierie sous-jacente repose sur le procédé suivant : les flux vidéo sont généralement transmis par segments, appelés « rafales » (bursts). Ces rafales sont compressées selon une technique à débit binaire variable. Par conséquent, des rafales de même durée contiennent des quantités de données différentes. La mesure du nombre de bits par segment permet de créer une empreinte numérique qui peut être comparée à celle d’autres vidéos sélectionnées, une fois leur modèle identifié.

Les réseaux de neurones par ailleurs piliers de l’intelligence artificielle, permettent de rendre cette détection plus efficace. La méthode peut donc être peaufinée en entraînant un réseau de neurones à l’aide d’une bibliothèque d’empreintes ; on pourrait dire empreintes vidéos par analogie aux empreintes digitales. Ainsi, un cybercriminel pourrait suivant cette comparaison, savoir ce que vous regardez sur la base des « bursts » ou segments des flux vidéo qui s’échappent de votre système. Le taux de précision atteint les 99 % une fois l’entraînement terminé.

Tous types de compromission compris, les comportements inhabituels suivants ont pu être observés :

  • L’apparition inattendue de publicités ou de messages sous forme de fenêtres surgissantes (pop-ups) ;
  • Un ralentissement des performances ;
  • L’apparition d’applications inconnues sur votre appareil ;
  • Des modifications de paramètres effectuées sans votre intervention (caméras ou microphones précédemment désactivées puis soudainement remises en fonction) ;
  • Une télécommande qui ne répond plus ;
  • Accès non autorisé à vos comptes sur les réseaux sociaux, boîtes mails, etc.  
  • Signes d’utilisation anormale du réseau (trafic internet au niveau du routeur ou de votre box internet).

Toutefois, il est possible qu’aucun signe extérieur n’alerte la victime sur son état de compromission.

Facteurs de risques

Obsolescence rapide du système d’exploitation

Les mises à jour permettent combler certains manquements de la phase de développement au fur et à mesure que ces limites sont découvertes. Cela nécessite qu’une équipe côté constructeur s’y attarde. Dans la même logique que la conception du support OS en lui-même tel que nous l’avons évoqué plus haut, cela engendre des coûts d’autant plus que de nouveaux produits sont appelés à voir le jour. Par conséquent, à un moment donné ces mises à jour cessent, le constructeur passe à autre chose, et le consommateur reste exposé aux attaques cybercriminelles si de nouvelles failles sont découvertes une fois cette période de support expirée.

Le rapport de Which?, une association Britannique de défense des droits des consommateurs a d’ailleurs donné un peu plus de détails sur la durée moyenne de ce support. Il s’est avéré que de nombreux téléviseurs connectés ne bénéficient de mises à jour logicielles que pendant deux à trois ans après leur lancement. Les marques populaires telles que Sony, LG et Samsung ont tendance à proposer un maximum de trois années de réparations et de mises à jour.

Pour enfoncer le clou et mettre davantage en avant l’étendue de la gravité liée à ces cas d’obsolescence, la base de données nationale sur les vulnérabilités (NVD) du NIST  (National Institute of Standards and Technology) américain, a répertorié des CVE (Common Vulnerabilities and Exposures) pour les principales plateformes de téléviseurs connectés, incluant de multiples vulnérabilités de gravité élevée. Y figurent notamment,  des cas de  dépassements de tampon et de contournements d’authentification affectant des versions des firmwares de Tizen OS et d’Android TV.

Réseaux Wi-Fi non sécurisés et décodeurs TV dépassés

Un réseau wifi mal sécurisé expose tous les appareils qui y sont connectés. Des attaques légions typées « Man-in-the-Middle » à d’autres bien plus sophistiquées, les smart TV peuvent ainsi se retrouver à la merci des piratages.

Les facteurs de risques qui rendent un réseau wifi facile d’accès ou à pirater sont le plus souvent :

  • le maintien des paramètres par défaut fournis en usine, généralement disponible au dos de l’équipement, sur le carton ou dans la notice ;
  • l’emploi de mots de passe faibles du fait de quelques caractères seulement pour la longueur, ou du non usage de combinaisons difficiles à deviner s’il on en vient à utiliser un dictionnaire, ou à reconstituer si jamais un attaquant essaie de s’y connecter par force brute.

Les décodeurs TV, les routeurs Wi-Fi ou les box internet sont ces appareils auxquels nous faisons allusion ici. Il faut tout de même noter que les box internet sont aussi des routeurs, parfois des appareils hybrides (routeur + switch), dont la robustesse n’est pas toujours garantie de la même manière que le serait un équipement professionnel ou dédié au rôle de point d’accès wifi. Le choix du routeur et l’architecture du réseau local intégrant une smart TV devient donc un élément crucial ici.  

En 2013 par exemple, le bot « Linux/Flasher.A » a été découvert après avoir récupéré des identifiants de connexion sur des téléviseurs connectés, des tablettes, des smartphones et des PC. L’infiltration a été rendue possible du fait d’anciens routeurs mal sécurisés. A cette époque, les câblo-opérateurs utilisaient souvent les mêmes mots de passe pour tous les boîtiers qu’ils fournissaient et les abonnés ne pouvaient pas les modifier facilement. En conséquence, quiconque disposait du mot de passe d’un routeur ou d’un décodeur pouvait en infiltrer beaucoup d’autres. Qui plus est, de nombreux équipements étaient dotés de portes dérobées intégrées.

Elargissement incontrôlé de la surface d’attaques au sein du réseau privé

Contrairement à d’autres appareils, le téléviseur est généralement toujours allumé ou en mode veille, ce qui élargit la surface d’attaque face aux menaces potentielles de cybersécurité.

Les appareils sont intégrés dans le parc dans une extase de consommation rapide, validant le plus rapidement possible tout ce qui apparaît et acceptant de fait, l’usage de paramètres par défaut.

Les limites du périmètre pour cette catégorie de risques se répartissent en quatre domaines principaux :

  • Vulnérabilités au niveau de l’appareil : micrologiciels non mis à jour, identifiants par défaut faibles et services réseau locaux exposés ;
  • Risques liés à la couche applicative : applications tierces disposant de privilèges excessifs, applications installées hors magasin officiel (sideloading) et intégrations d’interfaces permettant la communication entre applications (API) non sécurisées ;
  • Risques liés à la transmission de données : flux de données ACR (reconnaissance automatique de contenu) et télémétrie comportementale non chiffrés envoyés aux serveurs du fabricant ;
  • Risques de pivotement réseau : téléviseurs connectés compromis servant de points d’entrée pour un déplacement latéral vers le reste du réseau privé local ou domestique.

Lors de leur activation et en fonction des fonctionnalités activées, les téléviseurs connectés peuvent établir de multiples canaux de données simultanés. Il s’agit couramment des : flux de diffusion de contenu, canaux de télémétrie du fabricant, transmissions d’empreintes numériques ACR et services d’arrière-plan des applications. Chaque canal constitue une surface d’attaque distincte aux propriétés de sécurité propres.

Après avoir compromis une télévision connectée via l’un de ces nombreux canaux, un attaquant peut s’en servir comme nœud de reconnaissance dans l’optique d’opérer un déplacement latéral au sein du réseau et infecter plusieurs autres appareils dont les ordinateurs classiques, les serveurs NAS, les hubs domotiques, tablettes, téléphones et biens d’autres.

Raison pour laquelle, la sécurité d’une smart TV ne concerne pas uniquement cet appareil en lui-même mais bien tout le réseau auquel il est connecté. Quand on sait qu’à peu près tout est connecté de nos jours, on mesure la portée des enjeux sécuritaires se rapportant globalement à l’internet des objets au sein d’une maison ou d’une entreprise.

De quoi nous rappeler une maxime en sécurité informatique : la sécurité d’un système est celui de son maillon le plus faible. Sécuriser tout le reste et négliger une smart TV présente au sein de notre infrastructure informatique, revient à porter son niveau de sécurité au niveau de cette smart TV, offrant la surface d’attaque nécessaire pour contourner les défenses périmétriques et atteindre les autres équipements ou données de l’intérieur.

Clés USB et disques externes infectés

Si de nombreux téléviseurs connectés sont équipés de ports USB permettant de brancher divers appareils et autres accessoires, il est important de relever que ces ports peuvent également servir de porte d’entrée à des logiciels malveillants si vous y connectez un périphérique infecté.

Nous l’avons dit, une smart TV est un ordinateur d’un autre genre. Ainsi, si votre PC peut être sensible à un logiciel malveillant présent sur une clé USB, il en va de même pour une smart TV même si la conception d’un malware compatible avec le système d’exploitation hôte peut nécessiter une ingénierie différente.

N’empêche, le risque demeure, et il convient de le prendre en compte d’autant plus que la sécurité des actifs numériques ne saurait toujours se limiter au cyberespace (cybersécurité). Il s’avère parfois nécessaire d’élargir le périmètre et de se projeter dans les bonnes pratiques de sécurité informatique, si votre environnement s’avère particulièrement sujet ou exposé aux menaces d’origines physiques en plus de celles d’origines cybernétiques. En un mot, faire attention aux accès physiques à la smart TV ou prendre des mesures particulières si l’équipement le permet en ce qui concerne les ports USB. C’est entre autres, l’une des mesures à prendre pour se prémunir.

Comment s’en prémunir ?

1.      Préparer votre projet d’achat en y intégrant les aspects sécuritaires

Si vous envisagez acheter une smart TV ou changer votre téléviseur actuel par un nouveau modèle de ce genre, recherchez ceux dont les paramètres sont faciles à modifier.

Sur un marché où les fonctionnalités axées sur la commodité peuvent compromettre votre sécurité, l’idéal est d’opter pour un produit qui vous donne les moyens de vous protéger. Un bon compromis agrément/sécurité est donc à rechercher comme critère de qualité global.

2.      Adaptez votre infrastructure via la sécurisation du réseau informatique et de tous les périphériques susceptibles d’interagir avec les terminaux le composant

L’usage de mots de passe robustes devrait être érigé au rang de réflexe aussi bien pour une smart TV en elle-même, que du routeur, modem ou box wifi que des autres équipements de votre réseau local ou domestique. Un mot de passe robuste doit comporter au moins 16 caractères et associer lettres majuscules et minuscules, chiffres et symboles. Pensez à utiliser un gestionnaire de mots de passe pour générer et stocker en toute sécurité des mots de passe uniques pour chacun de vos comptes.

Concernant le wifi, le protocole de sécurité le plus à jour devrait être celui employé si l’équipement le permet. A date, nous parlons de WPA3 pour protéger votre réseau.

Dans la mesure où certaines box ou modems peuvent être produits et distribués en masse sans toujours mettre autant d’accent que sur un routeur professionnel ou dédié, il ne serait pas non plus négligeable de brancher la box ou le modem fourni par un opérateur derrière un routeur dédié choisi avec soin en fonction des options et services qu’il propose, ainsi que de la sensibilité de l’environnement dans lequel l’appareil doit être installé. Ce qui impliquerait de désactiver le wifi de la box ou du modem.

Au sein d’un cabinet institutionnel par exemple, nous conviendrons ensemble que le budget devra être conséquent pour un équipement professionnel. Sur le plan privé, tout dépendra de l’importance que vous accordez à votre vie privée et celle de vos proches.

Dans la même lancée, envisagez de déployer un réseau privé virtuel (VPN) pour une protection accrue. Il permet de chiffrer le trafic internet, rendant son contenu illisible, son interception et son exploitation malveillante beaucoup plus difficiles pour les pirates. Nous noterons que certains routeurs professionnels peuvent offrir des services de serveurs VPN.

Non des moindres, vous veillerez également à ne pas utiliser de périphériques USB provenant de sources peu fiables. Au pire des cas, il faudra les scanner à l’aide d’un antivirus new generation avant de les brancher sur votre téléviseur.

3.      Segmenter le réseau et si possible le monitorer

Considérant le fait qu’une smart TV a tendance à élargir la surface d’attaque d’un système et qu’après compromission, elle pourrait servir de base à des déplacements latéraux permettant d’infecter d’autres équipements appartenant au même réseau qu’elle, il est conseillé procéder à une segmentation du réseau.

La segmentation est une pratique architecturale et de sécurité qui consiste à diviser un réseau informatique en plusieurs sous-réseaux logiques ou physiques distincts, appelés segments ou sous-réseaux (subnets).

Appliquée à une maison, elle pourrait consister à séparer les appareils de divertissement des réseaux utilisés pour le travail ou les données sensibles. Bien que certains foyers puissent aborder cet aspect avec peine, il convient pour tous de remarquer qu’en se déportant dans la sphère familiale, la sécurité informatique et la cybersécurité ne sauraient rester l’apanage des entreprises ou de personnalités institutionnelles.

Le concept a évolué depuis lors, pour devenir une nécessité absolue à l’ère de la maison connectée. Ce qui implique également l’adoption d’activités conséquentes. Au bas mot, il faudrait pouvoir surveiller ce qui se passe au sein d’un réseau informatique privé que l’on a mis en place. Nous appelons cela le monitoring.

Consulter la liste des appareils connectés à votre routeur pour voir si votre téléviseur intelligent communique de manière inhabituelle avec des serveurs inconnus ; suivre les évènements journalisés par les fonctionnalités de contrôle parental ou de confidentialité ; suivre l’usage de la bande passante inhérente au trafic internet ; limiter l’accès à Internet aux seuls services essentiels sont entre autres points de vigilance et mesures qui pourraient découler d’un monitoring effectif, dans l’optique de contenir les risques liés à l’usage d’une smart TV.

En outre, il faudrait aussi éviter de connecter les téléviseurs intelligents à des réseaux Wi-Fi publics. Sur ce genre de réseau ou tout le monde se connecte et où les équipements des personnes internes et externes à une organisation peuvent se retrouver embarqués dans des mêmes canaux, une smart TV et les vulnérabilités qu’elle pourrait trainer se retrouvent à portée de tout acteur mal intentionné.

Employée dans le cadre d’affichage grand public au sein d’un réseau partagé avec le public, elle pourrait par exemple faire l’objet d’un détournement d’usage permettant l’affichage de messages ou de campagnes politiquement ou psychologiquement incorrects, en ces temps de courants idéologiques tous azimuts.

4.      Vérifiez les paramètres de confidentialité et autres paramètres par défaut

Allumer une télévision connectée pour la première fois est généralement une opération rapide et apparemment anodine. Toutefois, lors de cette configuration initiale, l’utilisateur accepte des conditions qui ont une incidence directe sur la confidentialité et la sécurité numérique du foyer.

Dans un premier temps, il est conseillé de vérifier les paramètres de sécurité et de confidentialité de chacun de vos appareils ayant accès à Internet. Les appareils suivants peuvent notamment disposer de paramètres accessibles et modifiables :

  • Clés et boîtiers de streaming ;
  • Téléviseurs connectés (Smart TV) ;
  • Décodeurs câble ;
  • Routeurs Internet.

Au regard des politiques de confidentialité du fabricant, vous pourrez ajuster les paramètres pour limiter la collecte de données dans la mesure du possible.

Vous pouvez également examiner les fonctionnalités matérielles intégrées à vos appareils. Repérer la présence éventuelle de microphones ou de caméras vous permettra d’être plus minutieux lors de la vérification des paramètres sus-évoqués. N’hésitez donc pas à effectuer des recherches en ligne sur les modèles de vos appareils, car d’autres utilisateurs pourraient avoir découvert des caméras ou des microphones cachés.

De plus, la protection de la vie privée des enfants est un domaine particulièrement sensible sur les plans juridique et éthique. Ainsi, le paramétrage des profils, la limitation du suivi de l’activité et la désactivation des options de personnalisation publicitaire contribuent à un environnement numérique plus sûr.

Il s’agira par conséquent de porter une attention particulière à l’ACR (Automatic Content Recognition) qui permet le suivi des données de visionnage. Globalement, cela pourra se faire en suivant un chemin similaire à celui-ci : dans les paramètres de votre téléviseur, recherchez les options « Confidentialité », « Informations de visionnage » ou « Reconnaissance automatique du contenu » (ACR), puis désactivez ou limitez ces fonctionnalités.

5.      Désactivez les fonctionnalités inutilisées et/ou non souhaitables

En symbiose avec le point précédent se rapportant aux paramètres de confidentialité, certaines fonctionnalités identifiées comme sources de risques devraient être désactivées, coupées ou masquées. Il s’agit notamment du microphone et de la caméra si votre smart TV en est pourvue.

Certains modèles sont par ailleurs équipés d’un cache de confidentialité physique vous permettant de masquer la caméra lorsque vous ne vous en servez pas. Concernant les fonctionnalités vocales, il faudra rechercher des boutons de coupure du microphone sur la télécommande ou sur le téléviseur lui-même.

Pour aller plus loin, vous pouvez débrancher complètement votre téléviseur lorsqu’il n’est pas utilisé ou alors, le brancher sur une multiprise que vous pouvez facilement éteindre pour couper toute alimentation.

6.      Activez les fonctions de sécurité de votre téléviseur intelligent

En dépit des limites et pratiques commerciales observées, la plupart des téléviseurs connectés disposent tout de même de fonctionnalités de sécurité intégrées que vous pouvez activer, pour ne pas vous laisser aller à une confiance aveugle, mais vous assurer un maximum de protection, car les critiques émises et actes juridiques ou rappels règlementaires ne passent pas inaperçus, sans pour autant freiner le désir de vendre toujours plus, pour plus de bénéfices.

Dans ces conditions, nous ne saurions plus seulement attribuer des tords aux constructeurs qui bataillent sur plusieurs fronts, mais aussi relever l’inattention des consommateurs qui ont aussi une part de responsabilité quant à leur propre sécurité, celle de leur entourage ou celles de leurs données.

Ainsi, les fonctionnalités auxquelles il faudrait prêter attention incluent :

  • La protection par mot de passe pour l’accès aux paramètres ou aux applications,
  • L’activation d’un mode invité pour une utilisation partagée,  
  • Le réglage des autorisations de partage de données afin de limiter les informations transmises à des tiers,
  • La possibilité de désactiver la commande vocale ou l’accès au microphone lorsqu’ils ne sont pas utilisés.

7.      Bien contrôler les applications à installer

Chercher à contourner les magasins officiels pour une raison ou une autre est d’office à proscrire. Mais ce n’est pas tout. En utilisant un magasin officiel, la vigilance doit demeurer au beau fixe question de s’assurer que les applications à installer, proviennent de sources fiables, vérifiables ou vérifiées, au risque de s’exposer à des logiciels malveillants ou espions.

Il s’agira par conséquent de porter une attention particulière :

  • Au nom de l’application : certaines applications cherchent à imiter le nom d’applications répandues à quelques caractères près (un point, tiret, espace, ou autre) ;
  • Au nom de l’éditeur : idem que précédemment ;
  • Aux coordonnées de l’éditeur : s’il en a mieux c’est ;
  • Aux autorisations requises une fois l’application installée : sont-elles en adéquation avec son rôle ?
  • A la manière dont l’éditeur garantit la sécurité des données traitées par l’application ;

Néanmoins, il conviendrait de réduire le nombre d’applications installées à l’essentiel constitué de celles qui servent régulièrement.

8.      Activer les mises à jour du système et des applications mais contrôlez leur installation

Une fois qu’une smart TV est allumée tout ce que vous voyez à l’écran repose sur une application qui devrait régulièrement être mise à jour afin de la garder à niveau à la fois sur les plans fonctionnels, esthétiques que sécuritaires. Du système d’exploitation de la smart TV en elle-même aux applications qui y sont installées, vous devrez pouvoir effectuer des mises à jour régulières. Mais si cela vous semble chronophage, il faudra noter qu’une fonctionnalité de mises à jour automatiques est généralement disponible. L’avantage étant qu’elle peut suivre et installer les mises à jour de toutes les applications aussitôt qu’elles sont disponibles sans intervention de l’utilisateur.

Sinon dans l’idéal, vous devriez plutôt activer le paramètre permettant de recevoir une notification lorsqu’une mise à jour est disponible, afin de suivre point par point qui installe quoi et dans quelles conditions (nouvelles fonctionnalités ou nouveaux droits requis ?). Ce faisant, vous adoptez en quelques sorte une philosophie de sécurité appelée « zero trust ».

Ce d’autant plus que les mises à jour logicielles automatiques introduisent souvent sous silence, de nouvelles autorisations de partage de données sans vous en avertir. Vous prendriez donc un moment de réflexion avant de cliquer sur « Accepter » et refusez le suivi facultatif.

En outre, n’oubliez pas les autres équipements présents sur votre réseau. Tout équipement informatique est composé de 2 parties principales : la partie matérielle appelée hardware et la partie logicielle appelée software. Les routeurs que nous avons tantôt évoqués tournent sur un type de système d’exploitation propre aux petits appareils qu’on appelle « firmware ».

C’est une sorte de système d’exploitation mais de très bas niveau, non pour dire moins efficaces mais dans le sens « beaucoup plus proches du matériel ». A cet effet, il conviendrait également de le mettre à jour lorsqu’il vous le notifie via son interface d’administration (voir notice).

Cela va peut-être vous courroucer mais il faut bien admettre que l’électronique / informatique à usage infini n’existe pas quel que soit l’appareil. Que la cause soit d’ordre architectural, liée à l’obsolescence d’une norme, à la fin du support officiel ou autre, à un moment donné, une mise à jour matérielle s’imposera. En d’autres termes, il faudra changer le matériel en lui-même ou alors, le compléter par un autre. Dès lors, il faudrait toujours se renseigner sur la durée moyenne de vie ou de support pour tous types d’équipements que l’on souhaite acquérir y compris les équipements réseaux.

9.      Envisagez de séparer les rôles ou les fonctions entre plusieurs appareils

Aujourd’hui, il est devenu presque impossible d’acheter un téléviseur haut de gamme qui ne soit pas « smart ». Mais vous payez surtout pour la qualité de l’écran (4K, OLED, QLED, taille, contraste). La partie informatique (le processeur, le stockage et le système de la TV) est souvent le composant le plus bas de gamme de l’appareil

  • qui au bout de 2 à 4 ans commence à ramer.
  • Les applications comme Netflix, YouTube ou Prime Video deviennent lentes ou ne s’ouvrent plus.
  • Le fabricant abandonne les mises à jour.

Pour un usage davantage prolongé en toute sécurité, il faudra envisager de désactiver les fonctionnalités internet natives. Ce qui impliquera donc de désactiver le Wi-Fi intégré et d’utiliser un boîtier ou une clé de streaming de votre choix à l’instar de Apple TV, Chromecast Google TV ou Fire Stick. Même si la durée de vie d’un boîtier de ce type peut également être estimée à 5 ans, le remplacer ne coûterait que 40 € à 150 € contre 800 € environ pour une nouvelle télévision.

Une autre solution consiste à diffuser du contenu depuis votre appareil vers un dongle branché sur votre téléviseur, afin d’étendre à ce dernier la protection offerte par le VPN et les autres applications de sécurité installés sur vos appareils. La TV devient dès lors comme un afficheur bis mais plus grand, et avec une meilleure qualité d’image et parfois de son. Cela permet par exemple de diffuser du contenu depuis votre smartphone, tablette ou PC via Cast ou AirPlay.

Par ailleurs, compte tenu de ce qu’il a été dit sur les télécommandes et les lacunes des navigateurs web embarqués, il faudrait éviter d’utiliser la smart TV pour des tâches internet sensibles ou critiques, comme le fait de consulter son compte bancaire par exemple.

10.                             Sensibiliser tous les autres utilisateurs, enfants compris

La cybersécurité ne se limite plus aux entreprises ou aux experts, elle fait désormais partie du quotidien à la maison.

Sensibiliser les utilisateurs et habitants : la cybersécurité s’impose désormais aux ménages au regard des maisons toujours aussi connectées. Une occasion d’aborder en famille la cybersécurité et l’utilisation responsable de la technologie.

11.                             En cas de revente, réinitialisez par 2 fois

Si vous n’avez plus besoin de votre téléviseur connecté et que vous comptez le vendre, le donner ou vous en débarrasser, vous devez en effacer toutes les données personnelles.

Vos identifiants de connexion aux réseaux ou aux comptes en ligne, ainsi que toute autre donnée personnelle stockée sur l’appareil, ne doivent pas tomber entre de mauvaises mains. Les téléviseurs connectés disposent souvent d’une fonction de réinitialisation aux paramètres d’usine. Malheureusement, ces fonctions ne suppriment pas toujours l’intégralité des données concernées.

Si vous utilisez une telle fonction, il est recommandé de vérifier ensuite le téléviseur afin de supprimer manuellement, dans la mesure du possible, les données résiduelles. Si cela s’avère impossible, vous pouvez essayer de contacter le fabricant de l’appareil.

A voir comment fonctionne une smart TV, nous n’avons de choix d’intégrer le fait que les produits high-tech de nos jours sont des variantes d’ordinateurs, dévolus à une tâche ou une autre. Du multimédia à l’automobile en passant par l’industrie, plus rien n’y échappe et le concept d’internet des objets (IdO) s’impose avec autant d’acuité sinon plus, que notre internet et ses terminaux classiques. La smart TV aura juste de quoi éveiller nos consciences et les recommandations émises pour une adoption et intégration plus sécurisée nous invitent désormais à ne plus banaliser un quelconque investissement à une simple activité de shopping : il faudrait toujours pouvoir étudier les risques, travailler son projet d’achat et s’adapter soi-même ainsi que son infrastructure informatique en conséquence.

Références :

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